Transat Jacques Vabre 2009
Edition 2009 - Le Costa Rica en ligne de mire
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Nouvelle destination pour une Transat Jacques Vabre qui s’est signalée par une compétition haletante en IMOCA. C’est le tandem Marc Guillemot – Charles Caudrelier (Safran) qui l’emporte de haute lutte devant Kito de Pavant et François Gabart (Groupe Bel) au terme d’une transat menée à haute vitesse. En Multi 50, le duel attendu entre Crêpes Whaou ! et Actual a tourné court. Franck-Yves escoffier et Erwan Le Roux ont tout de même eu la satisfaction de finir premier au scratch pour moins d’une heure.
Cette édition 2009 n’aura ménagé ni les hommes, ni leurs machines. Partis sous un beau soleil automnal, les concurrents pouvaient s’attendre à une sortie de Manche plutôt paisible. La bagarre entre les deux Multi50 favoris, Actual et Crêpes Whaou !, bien engagée pourtant, cessait au large de Cherbourg, quand le trimaran d’Yves Le Blévec et Jean Le Cam chavirait, étrave pliée en deux. Dès lors, malgré la résistance de Loïc Féquet et Victorien Erussard (Guyader pour Urgence Climatique), la course des Multi50 vaudra avant tout pour savoir qui sera, des multicoques ou des monocoques, le plus premier à Puerto Limon. Les monocoques peuvent faire quasiment route directe, en respectant le fait de laisser Puerto Rico à tribord quand les multicoques doivent virer l’île de La Barbade.
Un choix décisif
Au sein de la flotte des IMOCA, la décision de piquer au sud pour contourner une méchante dépression au large ou de persévérer plein ouest au risque de rencontrer du très mauvais temps, va s’avérer cruciale. Partis au sud, Michel Desjoyeaux et Jérémie Beyou (Foncia) font l’objet de toutes les attentions. On ne laisse pas prendre une route à l’écart des autres, un concurrent aussi prestigieux que le double vainqueur du Vendée Globe. Il sera suivi dans cette option par quelques bateaux tel DCNS ou Artemis. Mais le gros de la flotte choisit la route directe.
Premiers abandons
Le mauvais temps qui sévit sur l’Atlantique fait ses premières victimes. Tour à tour, Brit Air, DCNS, FenêtréA Cardinal annoncent leur abandon. Mais surtout, dans la nuit du 12 au 13 novembre, BT déclenche sa balise de détresse : une vague scélérate a arraché le roof du bateau. La coque est remplie d’eau et menace de sombrer. Depuis les Açores, les secours s’organisent et à la fin de la journée, Sébastien Josse et Jean-François Cuzon seront hélitreuillés, pendant que leur bateau sera pris en charge par un remorqueur quelques heures plus tard. Le mauvais temps continuera de faire des dégâts : escale forcée aux Açores pour Veolia Environnement et Aviva, abandon pour Hugo Boss suite au délaminage de sa coque, avaries de voile pour Mike Golding et Javier Sanso. Pendant ce temps, ceux qui ont échappé à la tempête cravachent.
Course de vitesse
C’est maintenant la ruée vers l’arc antillais. Safran qui a pris la tête de la course ne la lâchera plus malgré la pression du tandem de Groupe Bel. Pour la troisième place Mike Golding et Javier Sanso, idéalement placés espèrent que leur position stratégique leur permettra de compenser un petit déficit de vitesse, consécutif à un lot d’avaries mineures, mais handicapantes. D’autant que sur la route sud, Michel Desjoyeaux et Jérémie Beyou cravachent pour refaire leur retard.
En passant l’arc antillais, les navigateurs ont le sentiment que le plus dur est fait. Pourtant les derniers jours de course vont leur apporter un démenti formel. Alizé puissant mais fortement instable, temps à grains et, pour finir, gestion des calmes dans les derniers milles auront été le lot commun des navigateurs. Arrivé en tête, le tandem de Crêpes Whaou ! avouera être passé très près de la correctionnelle, quelques jours plus tôt. En voulant pousser les feux de leur trimaran, Franck-Yves Escoffier et Erwan Le Roux ont failli passer cul par dessus tête dans un grain. Moins d’une heure plus tard, Marc Guillemot pouvait savourer sa première victoire à bord de son monocoque Safran et de faire la une des titres pour sa valeur sportive avant tout. Le tandem éprouvé qu’il formait avec Charles Caudrelier – les deux hommes naviguaient déjà ensemble en 2007 – a donné sa pleine mesure pour une victoire sans discussion possible. Kito de Pavant et François Gabart prenaient la deuxième place quelques heures plus tard et Mike Golding et Javier Sanso complétaient le podium. Quatrième, Michel Desjoyeaux ne boudait pas son plaisir : « on n’a pas voulu aller jouer avec les autres, on savait le risque qu’on prenait en allant sur la route sud. Ceux du nord, ont gagné, ça prouve qu’ils avaient raison. »
Haute tension
Les calmes qui sévissent près de Puerto Limon vont redistribuer les cartes. En IMOCA, Roland Jourdain et Jean-Luc Nélias (Veolia Environnement) se font chiper leur cinquième place à quelques milles de l’arrivée par Pepe Ribes et Alex Pella (W Hôtels) à la faveur d’un grain où leurs adversaires les dépassent à pleine vitesse à moins d’un mille de distance. Loïc Féquet et Victorien Erussard resteront aussi sous la menace de Lalou Roucayrol et Amaiur Alfaro (Région Aquitaine Port-Médoc).
Ce nouveau parcours vers le Costa Rica s’est révélé, au final, beaucoup plus ouvert que celui du Brésil. De véritables choix entre route du nord et route du sud pour rejoindre les Antilles, une traversée de la mer des caraïbes compliquée et sujette à rebondissement, un accueil époustouflant de gentillesse des Costaricains, autant d’ingrédients pour avoir envie de tenter une nouvelle fois l’aventure.
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