Retour sur une édition rude et magnifique


Un report du départ de 74 heures pour cause de gros temps, une première semaine de navigation très rude en Atlantique Nord, 15 abandons sur 35 partants (42,8% de la flotte), une route nord gagnante, un troisième sacre pour Jean-Pierre Dick, un nouveau temps de référence Imoca en 15 jours 18 heures 15 minutes et 54 secondes… voici les faits qui ont secoué cette dixième édition de la Transat Jacques Vabre à destination du Costa Rica. Une course très tonique, à la fois dure et magnifique.

Le 21 octobre, trente cinq bateaux pavoisent dans le port du Havre : treize 60 pieds Imoca,  six Multi50 et seize Class40, une classe qui fait son retour sur la Transat Jacques Vabre après une première participation en 2007.
En ce début d’automne doux et ensoleillé, les cœurs sont légers le long des quais du bassin Paul Vatine. Mais comme les feuilles mortes en cette saison, les perturbations  se ramassent aussi à la pelle et la météo reste sous étroite surveillance. Une grosse dépression qui déboule de Terre-Neuve fait souffler un vent d’inquiétude au sein des équipes. Ce phénomène météorologique va finir par contrarier pour de bon les plans de départ. Le coup d’envoi, prévu initialement le 30 octobre est repoussé à une date ultérieure. Jean Maurel, le Directeur de Course, en fait l’annonce aux 70 coureurs le matin du dernier briefing météo. Le sursis va durer 3 jours et 2 heures. Le 2 novembre à 15 heures, la flotte s’élance finalement à l’assaut de l’Atlantique. Au menu : 4730 milles pour les petits et grands monocoques et 5323 pour les multicoques qui font un détour par Saint Barthélémy (à bâbord) et la Barbade (à tribord). 
Très vite, les marins entrent dans le dur. Ce n’est pas une mais trois dépressions qu’ils devront traverser, le tout en l’espace de quatre jours. La navigation au reaching dans des vents de 35/40 nœuds et une mer très formée, alliée à l’intensité de la compétition dans les trois séries, va laminer une partie de la flotte.
Le gros des abandons a lieu entre le 3 et le 6 novembre puis une à deux journées plus tard au niveau des Açores. La fortune de mer la plus sérieuse touche l’équipage du 60 pieds Imoca Cheminées Poujoulat dont le bateau, fissuré à l’avant de la coque, prend l’eau. Bernard Stamm et Jean-François Cuzon seront hélitreuillés par la Marine portugaise, leur bateau sera remorqué plus tard, à demi coulé. Pour les autres, tandis que les conditions s’améliorent et que les premiers tandems commencent à trouver des vents portants après le passage des Açores, la course continue. Elle sera le théâtre d’options différentes entre le nord et le sud et de belles échauffourées dans les difficiles 1000 derniers milles en mer des Caraïbes, parsemée de grains violents.
Au final, ce sont les partisans de la voie septentrionale, au plus près de la route directe, qui seront les grands gagnants de cet opus 2011. C’est le cas de l’équipage de Virbac-Paprec 3 qui s’impose au Costa Rica au scratch et dans sa catégorie après 15 jours, 18 heures, 15 minutes et 54 secondes d’une navigation quasi parfaite. A Puerto Limon, terminus de la Transat Jacques Vabre pour la deuxième fois consécutive, la population locale, toujours aussi chaleureuse, fait honneur aux navigateurs.
Extrêmement combattifs et armés d’un bateau à la fois rapide et fiable, Jean-Pierre Dick et Jérémie Beyou améliorent d’1 heure et 7 minutes le temps de référence établi il y a deux ans par Safran sur le même parcours. Cette performance, ajoutée à celle accomplie dans la Barcelona World Race 2010-2011 vaut à Jean-Pierre Dick d’être sacré quelques jours plus tard marin de l’année. A bord d’Actual, Yves le Blévec et Samuel Manuard s’imposent en Multi50 tandis que Yannick Bestaven et Eric Drouglazet (Aquarelle.com) décrochent la timbale en Class40.

 

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