MACIF, le haut niveau comme référence

Ils se connaissent assez bien, s'apprécient beaucoup... Mais au delà de leur bonne entente, ce qui les lie, c'est le même niveau d'exigence, la même volonté de tendre vers une certaine forme d'excellence. Sébastien Col, issu de l'école du match-racing et de la Coupe de l'America et François Gabart élevé au lait de la voile olympique avant de briller sur le circuit Figaro Bénéteau, ont la même passion de la performance chevillée au corps. Portrait d'un tandem qui considère aussi cette Transat Jacques vabre comme un premier banc d'essai de leurs ambitions.

 

Votre première rencontre avec votre skipper/co-skipper ?

François Gabart :« Pour la  Transat Jacques Vabre en 2007 sur le projet de Groupe Bel. J’étais le routeur de Sébastien et Kito de Pavant. C'est comme ça que l’on a appris à se connaître pour la première fois et c’est le premier projet sur lequel nous avons travaillé ensemble. »
Sébastien Col :« Notre première rencontre ne s’est pas faite physiquement, mais par téléphone irridium. C’était sur la Transat Jacques Vabre en 2007 quand je naviguais avec Kito de Pavant. Ce n’est que quelques jours avant le départ que j’ai commencé à travailler avec François. »

Vos précédentes navigations ensemble ?

FG : « C'était quelques mois plus tard, en janvier 2008 sur un Mumm 30 à l'occasion de la Primo Cup à Monaco. Il y a eu d'autres occasions sur le Tour de France à la Voile et ça s'est toujours très bien passé. C'est aussi pour cette raison que je me suis rapidement tourné vers Seb. »
SC :  « On a navigué avec le club de Voile de Hyères, qui participe chaque année au Tour de France à la Voile. C’est une équipe dans laquelle j’ai beaucoup d’amis, nous sommes de la même génération et on a beaucoup navigué ensemble. François nous a rejoints pour un petit bout du Tour de France à la Voile et ça s'est très bien passé. ».

Quelles sont, selon vous, les qualités de votre partenaire?

FG: « C’est un grand marin avec une énorme expérience. Il vient de la Coupe de l’America, du match race, c’est un vrai compétiteur et c’est ce que je recherche. J’aime la démarche et l’approche d’un sportif de haut niveau que peut avoir Seb. Il a l’avantage et l’inconvénient de ne pas avoir une grande expérience de la navigation en Imoca. Pour moi, c'est un avantage car il est vraiment orienté sur le double et sur la façon de mener le bateau à deux. Il apporte de nouvelles idées sur la fiabilisation du bateau et des voiles. Et pour le début du projet Macif, c’est très intéressant. »
SC: « C’est l’une des références dans sa génération, l’un des tous meilleurs. Je déménage à Port-la-Forêt cet été et nous allons vraiment travailler ensemble sur le projet Macif. De ce que j’ai vu pour l’instant, c’est quelqu’un de très organisé, et surtout de très déterminé. »

Naviguer en double, c’est deux fois mieux… pourquoi ?

FG: « C’est deux fois mieux parce que c’est deux fois plus facile ou pas loin. On va forcement pousser le bateau plus loin, dans ses derniers retranchements. Le niveau de jeu est plus élevé à deux parce qu’on peut se permettre de le faire. Les petits détails comme des problèmes techniques sont très compliqués à gérer en solitaire alors qu'ils le sont beaucoup moins en double. »
SC:  « J’apprécie de naviguer à deux pour mener le bateau à 100%. Par rapport à François, nos caractères devraient bien s'accorder puisque nous sommes des personnes assez faciles,   ouvertes d'esprit et aussi déterminées. Nous avons un objectif commun sur cette Transat. Et puis, naviguer à bord de Macif 60’ au tout début du projet, le mettre au point, c’est assez exceptionnel. Les transatlantiques, ce n’est pas tous les jours. »

Naviguer en double, ça peut être deux fois pire… dans quelles circonstances ?

François Gabart : « Il faut partager l’espace, s’organiser à deux. En général cela se passe plutôt bien, à deux on a encore pas mal de place sur le bateau pour vivre dans de bonnes conditions si on peut imaginer avoir du confort à bord d’un IMOCA. Je n’ai encore jamais navigué en solitaire sur ce type de bateau, toutes mes expériences se sont faites en double. Alors la colocation avec Sébastien devrait bien se passer. »
Sébastien Col : « J’imagine qu’il peut y avoir un malentendu sur une course qui joue sur la performance, et que ce choix-là soit mal fait, et qu’il peut donc jouer sur le résultat. Cela peut affecter la relation entre les personnes. Je suis persuadé que tout se passera bien avec François car les objectifs ont été fixés et ils ne sont pas uniquement tournés sur la performance finale. »

Votre objectif (sportif ou autre) dans cette 10e Transat Jacques Vabre ?

FG : « C'est la première course de Macif 60’ qui est le dernier né de la flotte IMOCA.  Avec Seb, nous sommes tous les deux des compétiteurs donc nous ferons tout pour gagner. Si on peut gagner on ne va pas s’en priver.  Nous sommes tout de même réalistes. Nous allons découvrir un bateau qui sera tout juste mis à l’eau. Nous aurons eu à peine 2 mois de préparation entre la mise à l’eau du bateau, le lancement du projet sur l’eau et le départ de la course, c’est très peu par rapport à d’autres qui se sont beaucoup entraînés et qui ont parcouru des milles et des milles. L’objectif premier est d'arriver au Costa Rica avec un bateau en bon état, de valider que tout fonctionne à bord, et aussi en essayant d’avoir appris le maximum de choses. En ligne de mire pour le programme Macif 60’, il y a le Vendée Globe dont le départ est dans moins d'un an et demi. Je suis rentré dans une phase d’acquisition d’expérience, c'est aussi l’objectif de cette Jacques Vabre. »
SC:  « C’est un projet qui démarre, il faut découvrir le bateau le plus vite possible, accumuler un maximum de données, à la fois pour la transat retour en solitaire (pour François), mais aussi pour le chantier d’hiver qui va suivre. A court terme, François doit se sentir bien et en confiance, notamment pour la transat retour en solitaire. Ce serait super qu'il fasse un résultat ! Les objectifs, ce sont le Vendée Globe (2012) et la Route du Rhum (2014). Il faut que l'équipe technique du 60 pieds Macif puisse définir les points forts, les points faibles du bateau, et les choses sur lesquelles travailler pendant les chantiers d’hiver, qui seront majeurs avant le départ du Vendée Globe. Maintenant, nous sommes tous les deux des compétiteurs et nous jouerons la performance jusqu’au bout. »