L’archipel des Açores

Au milieu de l’océan, neuf îles champignonnent de la dorsale médio-atlantique pour former un archipel très contrasté du Nord-Ouest (Corvo) au Sud-Est (Santa Maria). Situé sous le 40°N entre le 25° et le 30°W, ces émergences volcaniques présentent une grande diversité historique, géographique, agricole, culturelle et même climatique…

Neuf îles préservées des bousculades et des tremblements du monde (si ce n’est des tremblements de terre…), conservant leurs traditions et leurs fêtes religieuses, sans manquer de l’esprit d’ouverture qui sied à tout gent de mer. Orienté Est-Ouest, l’archipel est formé de pics volcaniques récents (4 millions d’années) et encore en activité, la péninsule de Capelinhos à Faïal ayant émergé de l’océan il y a cinquante-quatre ans !

Situé au milieu de l’Atlantique par des fonds de plus de 3 000 mètres, l’archipel “champignonne”  littéralement hors de la mer en culminant jusqu’à 2 352 mètres à Pico. Positionné entre le 37° et le 40° Nord, le 25° et le 31° Ouest, il est caractérisé par un climat doux et humide qui n’est pas sans rappeler la Bretagne, avec des températures moyennes minimales de 8°C en hiver et maximales de 25°C en été. Il n’y a donc pas vraiment de bonnes et de mauvaises saisons puisque le climat dépend essentiellement de la position de l’anticyclone des Açores : celui-ci est toutefois relativement bien stabilisé sur les îles en été et en hiver, plus volage au printemps et à l’automne.

Sur les routes maritimes du 18ème siècle

Découvert par un arabe au service du roi Roger II de Sicile en 1154, les îles des Açores ont été colonisées par les Portugais au 15ème siècle, après moult passages de tous les marins et explorateurs anglais, hollandais, espagnols, belges, suédois, français... puis abordées essentiellement pour faire escale lors des trajets entre Amériques, Indes ou Orient, et l’Europe. La chasse à la baleine devint ensuite la ressource essentielle des Açoriens qui se firent une réputation dans le monde entier en émigrant en Californie, au Brésil, aux Bermudes ou à Nantucket, comme le raconte admirablement Herman Melville dans Moby Dick.

Histoires mouvementées aussi avec le continent et le Portugal qui vit plusieurs batailles navales se dérouler dans ses eaux, ou corsaires et pirates faire leurs courses à la poursuite des navires marchands. Les plus grands navigateurs ont laissé la signature de leur passage aux Açores, et il est ainsi devenu ces dernières années, une tradition que chaque bateau en escale marque son empreinte d’une peinture sur les quais de la marina de Horta.

Et tout marin se doit de boire un verre chez Peter, dans le célèbre Café Sport ouvert depuis 1918, qui mélange boîte aux lettres et souvenirs gravés sur des dents de cachalot. Mais hors de cet accueil chaleureux et de la gentillesse des Açoriens, l’archipel mérite le détour pour ses paysages étonnants, festival floral dû au climat mais aussi aux voyageurs qui ramenèrent l’araucaria chinois, le tulipier de Virginie, le jaracanda du Brésil, le camphrier japonais, le kapokier ou le guinko.

C’est un véritable jardin qui sort de l’océan où l’ananas, le tabac, la vigne, la grenade, la banane… poussent au milieu des haies d’hortensias et des forêts d’azalées. Plages de sable noir, fumerolles de sources thermales, jaillissements de boue brûlante côtoient les maisons de basalte noir chaulé de blanc, les églises au fronton de pierres sculptées, les criques bordées de falaises où se niche un minuscule port de pêche.

Un régime anticyclonique perturbé

L’anticyclone des Açores mérite bien son nom puisqu’il est quasiment installé toute l’année sur l’archipel, remontant vers le Nord-Est l’été, descendant vers le Sud-Ouest l’hiver. La pression moyenne est ainsi relativement élevée, variant de 1 017 hPa en mars à 1 025 hPa en juillet. Toutefois, les perturbations de l’Atlantique Nord ne manquent pas de modifier le climat, principalement en hiver où elles passent au Nord de l’archipel. Des dépressions secondaires se forment parfois sur les Açores provoquant de longues périodes de mauvais temps avec des vents forts de secteur Nord-Ouest.

Mais en moyenne les vents restent plutôt modérés toute l’année, les îles du Nord-Ouest (Corvo, Florès) étant toutefois toujours plus ventées que les îles de l’Est (São Miguel, Santa Maria). La visibilité est souvent bonne voire excellente, et comme les côtes sont hautes et franches, il est très facile de se repérer. Le volcan de Pico, culminant à plus de 2 300 mètres est parfois visible à plus de 50 milles surtout au petit matin, tandis que dans l’après midi, la nébulosité sur les hauteurs permet d’apprécier l’approche de la côte.