Je suis malaaade...

 

Voici LE sujet de cette Transat. Inutile de se le cacher, le mal de mer est là. Il plane au-dessus de nombreux marins, mais comment les skippers le vivent t-ils ? Comment apparaît-il ? Et surtout comment font-ils face ? Nous avons posé la question à quelques navigateurs, éléments de réponse.
 
Armel Le Cléac'h, Banque Populaire : 
« Ca m'est déjà arrivé d'être un peu barbouillé sur des départs de course, comme celui du vendée par ex. Avec le stress, la météo. Mais j'étais tout le temps malade quand j'étais petit. Ma mère passait la traversée à nettoyer la bannette ! Je peux vous dire qu'elle était contente quand on arrivait. »
 
Dominique Wavre, Mirabaud :
« Personnellement, je ne connais pas le mal de mer. Quant à Michèle (Paret), dès lors que nous sommes en compétition, elle n’est jamais malade. Quand on est en course, on ne peut pas se le permettre. »
 
Alex Thomson, Hugo Boss :
« Je n'ai été malade que deux fois. La première en travaillant sur l'ordinateur lors d'une navigation en Manche et la dernière en venant ici dans le ferry. Je n'en revenais pas. En revanche je ne suis jamais malade en course, une véritable chance pour moi.»
 
 
Didier Le Vourc’h, FenetreA - Cardinal:
« C’est amusant parce que quand j’étais petit, j’adorais le bateau, mais j’étais tout le temps malade. Et puis, au fil du temps, c’est passé. Maintenant, il m’arrive encore d’être malade de temps en temps, mais j’ai appris à faire avec. Je gère mon mal de mer et ça ne m’empêche aucunement d’être opérationnel. »
 
Yves Le Blévec, Actual: 
« Pour moi, le mal de mer est exceptionnel. Ça m’arrive de l’avoir en début de course entre l’amarrinage et le stress à gérer. Mais ça passe très rapidement… »
 
Bernard Stamm, Cheminées Poujoulat :
« Je pense que tout le monde est sujet au mal de mer, c’est médical. Mais j’ai de la chance, je n’y suis pas très sensible. Ça m’est arrivé de l’avoir, mais pas souvent. On est moins sensible quand on est seul ou à deux parce qu’on sait que si on est en vrac… Il y a quand même tout un côté psychologique là-dedans qui fait qu’on est moins malade que sur un bateau passager par exemple. »
 
Lionel Lemonchois, Prince de Bretagne :
« Je n’ai pas trop le mal de mer, ça peut m'arriver les premières 24 heures, l'hiver, de ne pas me trouver bien mais cela ne m'a jamais empêché de fonctionner... »
 
Marc Guillemot et Yann Eliès, Safran :
« Tous les marins ont le mal de mer mais tous ne l'avouent pas forcément ! Marc est malade tout de suite en général et pour Yann, ça se déclenche généralement plus tard... donc des deux, il y en aura toujours un d'opérationnel. »
 
Christopher Pratt, Banque Populaire : 
« Ca nous arrive tous un peu d'être malade, à des degrés différents.  Moi, ça m'arrive dans des conditions un peu « tempête ». Mais j'arrive encore à fonctionner. C'est souvent lié aux conditions. Nous avons des médicaments dans la trousse à pharmacie et il m'est déjà arrivé d'utiliser des patchs mais le problème, ce sont les effets secondaires : la vigilance en baisse. »
 
Eric Péron, Initiatives – Alex Olivier :
« Je suis assez sujet au mal de mer, du coup, en arrivant je suis allé à la pharmacie pour acheter le nécessaire. Il arrive avec le stress et souvent lorsque la visibilité est réduite avec un ciel bas et une mer hachée. Ça ne m’empêche pas de faire mon travail, mais je suis assez fatigué. L’important est de le savoir et de gérer en conséquence. Je ne suis vraiment pas angoissé par ce départ, tout est donc réuni pour une belle transat. Dès le départ je prendrai mes cachets. Je ne voudrais pas passer par la phase de déshydratation et d’une grosse fatigue qui pourrait mettre en péril le programme. »
 
Julien Mabit, Monopticien.com :
« Je n’ai jamais eu le mal de mer de ma vie. La semaine dernière, je pars avec Etienne pour venir ici au Havre avec la boule au ventre, le bateau pas prêt, le vent dans le nez et pendant deux heures je l’ai senti venir. J’étais un peu blanc mais après avoir mangé un peu c’était terminé. J’ai passé la Route du Rhum la tête en bas dans le bateau dans 3 mètres de creux à refaire du gazole et avec une nourriture bien lourde dans l’estomac, je n’ai jamais eu de soucis. »