Dans les coulisses du classement

Que l’on soit premier, second ou bien huitième, comment est établi le classement général pendant la course. Élément de réponse par René Boulaire, responsable du positionnement et du suivi de la course, ingénieur de formation et personne incontournable dans le monde de la course :
Le classement est établi en fonction des positions que nous allons recevoir de chaque bateau grâce à deux systèmes embarqués : La Balise Argos Iridium, une balise indépendante et autonome mise à disposition par le comité de course et l’Inmarsat C, un système propre aux concurrents qui fonctionne avec l’énergie du bord.
Par défaut, nous travaillons avec le système Argos Iridium qui va nous permettre d’avoir un point GPS toutes les 30 minutes, de jour comme de nuit. Lors du départ du Havre et à l’arrivée au Costa Rica cette fréquence sera d’une position toutes les 3 minutes. Entre chaque relevé automatique, la balise se met en veille. Ce classement va également permettre au comité de course de vérifier la bonne marche des concurrents et de déceler, au cas où, des anomalies sur les routes.
Concrètement entre la réception des points GPS et le classement que se passe t-il ?
Dès que la balise se remet en route, elle envoie le relevé GPS, le programme se lance (NDLR : C’est un programme très complexe élaboré, créé et géré par René Bolaire, qui donne, en fonction des paramètres définis pour la Tranast Jacques Vabre, le classement général avec des positions et des routes optimisées) et donne la distance du bateau par rapport à l’arrivée. C’est cette donnée qui nous permet d’établir l’ordre dans les différentes classes. Le tableau du classement général provisoire est ensuite généré par l’ordinateur et les points sont ensuite reportés sur la cartographie et mis à disposition sur le site de la Transat Jacques Vabre.
Quelle est la précision de ces balises ?
Elles sont de plus en plus précises. À l’heure actuelle, la marge d’erreur se situe entre un et dix mètres, même pas la taille d’un Class 40. Par soucis d’égalité, toutes les balises sont fixées à l’arrière des bateaux.
En cas de panne du système que se passe t-il ?
Nous pouvons, en cas de panne, réaliser une triangulation grâce à l’Iridium. La précision sera moindre, mais à 100 mètres près nous aurons une position. Si jamais les deux systèmes flanchent, il y a toujours la possibilité de contacter le bateau par téléphone et demander sa position. Grâce à la route, aux conditions et au VMG, nous sommes en mesure de placer très précisément un concurrent. Si jamais nous n’avons pas de localisation durant 2 ou 3 heures, le concurrent serait signalé en non localisé.
Avec un relevé chaque demi-heure pourquoi n’avoir que 6 classements dans la journée ?
Nous pourrions même pousser les choses un peu plus loin et avoir un classement quasi instantané mais c’est une décision du comité de course. Il me faut 5 secondes pour sortir un classement, c’est automatique. Les relevés GPS ont également un coût et sur une transatlantique un classement par tranche de 3 h est suffisant.
TC.
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